Serge Vassilievitch Savoysky

Docteur ès Sciences

22, allée Danton

F 91270 Vigneux sur Seine

01 69 03 12 74

 

Mémoires pour servir à l’histoire des métiers du traitement de l’information

 

serge.v.savoysky@wanadoo.fr

 

La catégorie des retraités compte dans ses rangs des chercheurs, techniciens, des ingénieurs dont les vies professionnelles furent contempo­raines de l’intrusion révolution­naire de l’informatique dans les sciences et techniques. Les ves­tiges de l’époque antérieure du calcul, règles, tables, machines manuelles ou électromécaniques, calculateurs analogiques, disparaissent inéluctablement ; les rescapés appartiennent désor­mais aux musées et aux collectionneurs soucieux de conserver ce patrimoine scientifique et technique souvent récent ; ce furent pour nombre d’entre eux des outils de jeunesse, malheureusement par­fois ignorés, voire méprisés par nos jeunes confrères ; l’auteur de ces quelques lignes eut par exem­ple la surprise de s’entendre ainsi questionner par l’un d’entre eux, numéricien confirmé : un planimètre, qu’est-ce ?

Les organismes publics chargés en tous pays de la conservation de ces objets et du savoir-faire qui les ac­compagnait exercent avec une conscience remarquable cette mission de sauvegarde. Mais les handi­caps contrariant la tâche des conservateurs sont bien connus des collectionneurs qui les subissent déjà à leur modeste niveau : budgets étriqués face à la montée irrépressible du flux d’objets voués à l’oubli, rentabilité mal perçue mais que l’on voudrait immédiate, rareté des compétences dans la cohabitation de l’histoire et des sciences et techniques, absence de prestige de cette archéologie con­sidérée – à tort – comme exclusivement attachée à un passé trop récent pour présenter de l’intérêt, enfin poids in­opportun des commissions et de leurs cohortes de règlements.

L’initiative individuelle privée, libérale par essence et par conséquent rapide dans sa possibilité de réagir rapidement face à un naufrage patrimonial, est dans ces conditions une précieuse auxiliaire des organismes publics pour le sauvetage et la conservation d’urgence. On peut objecter sa dissémination et l’inorganisation qui en résulte, ses restaurations contestables et bien d’autres défauts : certes, son inefficacité : jamais ; le réseau des collectionneurs est omniprésent et là pour extraire du tas de ferrailles la vieille machine qui commence à rouiller. Ce fait de société date : il suffit pour s’en convaincre de consulter les listes de donateurs ou de ci-devant propriétaires, sources importantes de nos prestigieuses collections nationales actuelles.

Or dans cet environnement difficile, l’état de retraité accorde opportunément à ceux qui le désirent le loisir de se consacrer à de tels travaux de recherche, de sauve­garde, de conservation, de restauration… enfin d’explication ; cette dernière fonction coûte mais sans le souci permanent d’expliquer pourquoi et comment ces « drôles de machines »[1][1] fonctionnaient, toute collection deviendrait vite un simple amas hétéro­clite d’objets de vitrines curieux certes, parfois jolis, mais sans âme. Résumons : vis à vis des nouvelles gé­nérations d’ingénieurs, té­moigner est un quasi devoir de citoyen dévolu aux anciens. En outre, le retraité détient le privilège de parler et d’écrire comme il le sou­haite, souvent bénévolement et surtout libéré de multiples contraintes comme la hantise du rapporteur sourcilleux inopportunément désigné par un sacro-saint comité de lecture. C’est donc en fait un mécène, généralement modeste financièrement il est vrai mais expérimenté et disponible pour notre société en de multiples exemplaires. Cette richesse, il appartient à notre société de savoir en profiter sans l’étouffer. Un très bel exemple fort bien nommé nous vient du début du Siècle des Lumières qui fut aussi techniquement révolutionnaire : les « Mémoires pour servir à l’Histoire des Sciences » dites « Mémoires de Trévoux », petite Principauté qui sut exploiter sans trop l’étouffer cette richesse intellectuelle gratuite de son époque.

Quelques retraités se consacrent avec passion à ce mécénat : ils cherchent, ils collectionnent, ils restaurent, ils étudient, ils rendent compte lors de leurs réunions et expositions ou dans leurs publications.

Ce pastiche des « Mémoires de Trévoux », de la « République des Lettres » ou encore du « Journal des Sçavans » collectionne, sans prétention d’exhaustivité et avec peu d’ordre, des propos ou monographies comme autant de témoignages destinés aux futurs historiens qui s’attacheront au demi-siècle passé, révolutionnaire pour tous les métiers du traitement de l’information. .

Avant la Révolution du traitement de l’information

La révolution des métiers du traitement de l’information ne s’apprécie véritablement qu’en regard de ce qui précédait. Les machines à calculer automatiques furent conçues avec la volonté d’améliorer ce qui existait déjà : par exemple dresser des tables de fonctions. L’exploration du passé met en évidence l’émergence souvent timide mais aussi souvent ancienne de concepts que l’on croit récents et liés à l’existence de l’informatique. Il semblerait même que notre Révolution est beaucoup plus celle de l’efficacité que celle des idées.

Documents généraux

Tables, Tables, diaporama

Les tables constituèrent en toute époque le moyen immédiat d’accumuler des connaissances en les structurant.

Antiquité

Depuis les premiers pièges imaginés par des chasseurs, les automates constituèrent la passion des mécaniciens. L’ouvrage de Héron est, vraisemblablement, le plus vieil ouvrage sur ce sujet que nous légua l’Antiquité. On y trouve, sous la forme de cordes astucieusement enroulées, l’ancêtre du premier programme enregistré.

Ouvrage en fac-similé sur le site :

Automates (Héron d'Alexandrie)

Heron-1601 d'Alexandrie. Di Herone Alessandrino de Gli Automati, ouero Machine se Moventi, Libri due, Tradotti dal Greco da Bernadino Baldi Abbate di Guas­talla... [Exemplaire ayant appartenu à A. Fletcher (autographe), Lord of Sal­toun]. En Venetia, Bertoni, 1601. 49p.

Du XVIe au XVIIie

Compas de proportion

De la fin du XVIe siècle au début du XVIII, le compas de proportion fut l’instrument privilégié des architectes, des marins, des géomètres, des artilleurs, etc.

1787, Lettres patentes

Ces lettres patentes d’un Roi, connu des écoliers pour sa passion de la mécanique, créent et organisent, en France, un Corps d’artistes fabricants d’instruments scientifiques et mathématiques.

Depuis le XIXe siècle

Calcul de distances

Les artilleurs, de terre ou en mer eurent toujours le besoin d’évaluer rapidement la distance de leur cible, dans des conditions souvent hasardeuses ; il résulta de cette nécessité quelques curieux petits instruments.  

Planimètres

Le calcul intégral introduisit de nouveaux besoins de calculs numériques. Les planimètres répondirent rapidement et répondent encore à ces besoins.

Planimètres, diaporama

Diaporama accompagnant la monographie précédente pour sa présentation orale.

Soroban, plumier du début du XXe siècle

Le soroban fut et reste un instrument de calcul apprécié en Extrême-Orient. Ce curieux plumier fut trouvé à Tokyo ; la forme bi-conique des boules affirme son origine japonaise. Il dut appartenir à un voyageur qui y rangea ses pinceaux, son encre en bâton et sans doute un minuscule godet. Orné d’une marqueterie représentant le Fuji-San, il porte au verso un soroban. Au verso du couvercle, une règle graduée en unités inusitées aujourd’hui permet de lui attribuer une centaine d’années.  Dans chaque rang, l’existence d’une seule boule de poids fort permet de supposer qu’il est postérieur à l’ère Meiji. Sa fabrication date donc vraisemblablement du tout début du XXe siècle.

Calcul, manuel japonais

Ce manuel de calcul japonais, imprimé à Édo (ancien nom de Tokyo) et vraisemblablement antérieur au début du XIXe siècle, présente comme ses homologues occidentaux contemporains, les règles du calcul numérique mais avec le soroban et nom pas avec une plume ou des jetons, suivies d’exemples de problèmes usuels.

Usage du Soroban dans une banque Japonaises, années trente

Durant les années trente, alors que les services comptables d’organismes publics ou privés européens se mécanisent, la Direction Générale d’une banque Japonaises manifeste un conservatisme remarquable pour sa comptabilité.

Souan-pan, pendentif, XIXe siècle

En Chine, le souan-pan est tout aussi apprécié que le soroban au Japon, sinon plus… au point d’en faire des bijoux, en état de servir si l’on a de bons yeux ! La gravure au verso est un mystère.

XXe siècle

Calcul de navigation, hélice logarithmique HMR1 de Dennert et Pape

Le principe de l’instrument est simple. Mais il faut être marin pour se souvenir et appliquer sans coup férir les règles de signes liées à la région de la planète où l’on se trouve.

Durant la Révolution du traitement de l’information

Traitement de texte en 1922

Le traitement de texte et, plus généralement, la publication assistée par ordinateur sont désormais les auxiliaires doués d’une efficacité remarquable de toutes activités. Leur ancêtre, la dactylographie, nécessitait une dextérité et une expérience peu répandues hors de la profession, mais que de nombreux auteurs auraient souhaité détenir pour la production de leurs mémoires, publications, cours, et autres exercices souvent bien difficiles à mettre en pages…

Naissance et développement de l'informatique dans le Réseau des Laboratoires des Ponts et Chaussées

System modelling

Navette

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